Paul Turner : ce que le bassiste de Jamiroquai t'apprend sur le groove
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Paul Turner : ce que le bassiste de Jamiroquai t'apprend sur le groove

Paul Turner joue dans Jamiroquai depuis 2005. Avant ça, il était déjà musicien professionnel depuis 1987, session man pour Annie Lennox, George Michael, Tina Turner, Take That, Bryan Ferry.

Qui est Paul Turner ?

Paul Turner est né le 11 mars 1968 à Sunderland, en Angleterre. Il est le bassiste de Jamiroquai depuis 2005.

Avant ce poste, il avait déjà derrière lui une carrière de session man solide. Il a notamment joué avec Annie Lennox dès 2002, participant à ses tournées mondiales, ses enregistrements et des événements comme Live 8. Ses crédits incluent des albums de Tina Turner, Bryan Ferry, Tom Jones, George Michael et Seal. Il a aussi tourné avec Take That, Sister Sledge et Lamont Dozier.

Ce n'est pas un virtuose qui fait la une des magazines spécialisés. C'est un bassiste de métier. Et c'est précisément ce qui rend son cas intéressant.

Comment Paul Turner a-t-il appris la basse ?

Paul Turner a commencé la basse à 14 ans. Largement autodidacte, il a reçu quelques bases de technique et de gammes d'un ami guitariste, et a développé son oreille en répliquant des grooves par écoute directe des disques, en mettant l'accent sur le ressenti plutôt que sur la théorie formelle. À 15 ans, il jouait déjà dans des groupes locaux jusqu'à six soirs par semaine.

Ce n'est pas une formation académique. Pas de conservatoire.

Mais voilà ce qui distingue son parcours autodidacte de la plupart : il a rencontré un bassiste plus avancé, Roger Inniss, qui lui a montré les modes et lui a procuré un bon livre de travail pour continuer seul. En s'installant à Birmingham en 1987, il a travaillé intensément sur le Real Book et les compétences de déchiffrage, se retrouvant souvent à arriver sur des gigs de jazz, de blues ou de variété sans connaître personne, et à devoir s'adapter sur le tas.

Bref. Il n'a pas appris seul dans sa chambre. Il a appris en jouant avec des gens, sous pression, dans des contextes réels.

C'est une différence capitale.

Quel est le style de jeu de Paul Turner ?

Le style de Paul Turner est profondément ancré dans le funk, la soul, l'acid jazz et le R&B. Il délivre des grooves serrés avec un pocket impeccable. Influencé par Marcus Miller et Mark King, il maîtrise le slap et le jeu au pouce. Il est reconnu pour son approche soignée : un style versatile, orienté groove mais mélodique.

Ses influences initiales allaient vers le rock et le funk naissant, avec Andy Fraser de Free et Jack Bruce de Cream comme premiers héros, aux côtés de Led Zeppelin et du Jimi Hendrix Experience. En progressant vers les circuits soul et funk, ses références se sont élargies vers la Motown, Bernard Edwards de Chic, Level 42, et les groupes des années 80. L'admiration pour Jaco Pastorius et les techniques de slap façon Larry Graham a ensuite affiné son approche versatile, ancrée dans le feeling.

Ce qui ressort, c'est une hiérarchie claire dans ses priorités : le groove avant la virtuosité. Le service du morceau avant la démonstration.

Pourquoi Paul Turner tient-il la comparaison avec Stuart Zender ?

C'est la vraie question. Parce que remplacer Stuart Zender chez Jamiroquai, c'est se confronter à une légende.

Paul Turner rejoint Jamiroquai en avril 2005 après avoir auditionné plus tôt dans l'année. Sa tâche : remplacer Nick Fyffe, parti en 2003, et surtout Stuart Zender, ancienne icône du groupe à la basse. Il participe ensuite aux enregistrements de Dynamite, Rock Dust Light Star et Automaton, sorti en mars 2017.

Deux bassistes. Deux approches.

Zender, c'est le style fondateur de Jamiroquai : lignes de basse proéminentes, personnalité forte, très présentes dans le mix. Turner, c'est autre chose. Un jeu tasteful, au service de la chanson, avec une capacité à tenir un pocket impeccable sur la durée d'une tournée mondiale.

Ce n'est pas mieux ou moins bien. C'est une définition différente du rôle.

Et c'est exactement là que beaucoup de bassistes autodidactes se trompent. Ils cherchent à développer un style, une identité, quelque chose qui se remarque. Avant d'avoir construit la fondation qui permet à quoi que ce soit de tenir.

Ce que la carrière de Paul Turner t'apprend sur ta propre progression

Pourquoi l'expérience live ne remplace pas une structure ?

Paul Turner a joué six soirs par semaine à 15 ans. C'est une quantité de pratique considérable. Mais ce qui a véritablement structuré son jeu, ce n'est pas le volume de scènes.

C'est le moment où il a rencontré un musicien plus avancé qui lui a donné un cadre : les modes, un book, une direction de travail précise.

Sans ça, il aurait continué à jouer beaucoup. Pas forcément mieux.

Tu vois le genre.

Pourquoi l'écoute active est-elle le vrai moteur du groove ?

Turner a développé son oreille en répliquant des grooves par écoute directe des disques, en privilégiant le ressenti sur la théorie formelle.

Ce n'est pas une méthode au sens scolaire du terme. C'est une pratique d'écoute active, délibérée, qui force à comprendre ce qui fonctionne dans une ligne de basse.

Pas reproduire mécaniquement. Comprendre pourquoi ça groove.

La plupart des bassistes autodidactes font l'inverse. Ils apprennent les tablatures des morceaux. Ils reproduisent sans comprendre. Puis ils se demandent pourquoi ils n'arrivent pas à improviser, à tenir en groupe, à "sortir" une ligne sur un morceau qu'ils ne connaissent pas.

L'écoute n'est pas un talent. C'est une compétence. Ça se travaille.

Pourquoi les contextes réels accélèrent-ils la progression ?

Turner se retrouvait souvent à arriver sur des gigs de jazz, de blues ou de variété sans connaître personne, et à devoir s'adapter directement.

C'est brutal comme méthode. Mais c'est efficace.

Parce que la pression d'un contexte réel force le cerveau à mobiliser ce qu'il a réellement intégré, pas ce qu'il croit avoir compris. La différence entre "je comprends quand on m'explique" et "je peux l'utiliser" se règle là, pas dans un tutoriel YouTube.

Questions fréquentes

Paul Turner est-il un bassiste autodidacte ?

En grande partie oui. Il a appris en jouant sur le tas, à l'oreille, en répliquant des grooves. Il a ensuite reçu une direction de travail d'un bassiste plus avancé, ce qui lui a donné un cadre pour structurer sa progression. Il n'a pas suivi de formation formelle en école de musique.

Quels bassistes ont influencé Paul Turner ?

Ses principales influences incluent Marcus Miller, Mark King, Bernard Edwards de Chic, Larry Graham pour le slap, Jaco Pastorius pour la dimension musicale de la basse, et des bassistes de rock comme Andy Fraser et Jack Bruce dans ses débuts.

Quelle basse Paul Turner utilise-t-il chez Jamiroquai ?

Il privilégie les basses passives de type vintage, notamment des modèles Fender Jazz et Precision des années 60, ainsi qu'un instrument cinq cordes custom qui réplique la chaleur des classiques tout en offrant une ergonomie moderne.

Quel est le point commun entre Paul Turner et Stuart Zender ?

Les deux ont construit un groove solide, identifiable, et ont servi la musique de Jamiroquai avec une personnalité distincte. Ce qui les distingue, c'est l'approche : Zender est plus présent et proéminent dans le mix, Turner est plus discret et pocket. Deux définitions différentes du rôle de bassiste dans un groupe.

Comment progresser à la basse en style funk comme Paul Turner ?

La méthode de Paul Turner met l'accent sur le rythme, le groove et la conscience harmonique, avec une attention particulière à la syncopation et au placement des notes pour créer des lignes de basse qui ancrent le groove tout en ajoutant de l'énergie. Autrement dit : pas de technique de surface. Des fondations rythmiques solides en premier.

Est-ce qu'un autodidacte peut atteindre le niveau de Paul Turner ?

Turner lui-même est autodidacte. Ce qui l'a fait progresser, ce n'est pas un diplôme. C'est une direction de travail claire, des contextes musicaux réels et une pratique d'écoute active. Le problème de la plupart des autodidactes qui stagnent n'est pas le talent. C'est l'absence de cadre.

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