Richard Bona joue la basse depuis ses vingt ans. Pas toute sa vie. Et c'est exactement ce qui rend son parcours utile à comprendre.
Qui est Richard Bona ?
Richard Bona est un chanteur et bassiste camerouno-américain, né le 28 octobre 1967 à Minta, au Cameroun. Il commence sa carrière à Paris, puis se rend à New York. Il enregistre en solo depuis 1999. En 2004, il reçoit les Victoires du jazz. En 2012, il obtient le grand prix jazz de la Sacem.
Il a collaboré avec Herbie Hancock, Quincy Jones, Chick Corea, Sting, Pat Metheny, Stevie Wonder, Bobby McFerrin et bien d'autres.
Sur scène, il chante et joue en même temps. Il dialogue avec le public. Il improvise. Il dirige un groupe.
Bref. Ce n'est pas un bassiste qui accompagne. C'est un musicien complet qui utilise la basse comme langue principale.
Comment Richard Bona est-il devenu bassiste ?
C'est là que l'histoire devient intéressante.
Richard Bona naît dans une famille de musiciens. Son grand-père est chanteur et percussionniste. Sa mère, également chanteuse. À quatre ans, il s'initie au balafon. Dès cinq ans, il se produit dans l'église de son village.
Il grandit dans la musique. Mais pas dans la basse.
Sa famille s'installe à Douala. Bona sèche régulièrement les cours pour s'entraîner. Le soir, il fait le bœuf dans les clubs de la ville.
Guitare, orgue, balafon. Il joue de tout. Il apprend à l'oreille, dans les clubs, pas dans une école.
Puis vient la bascule.
En 1990, il monte son premier orchestre pour un club de jazz de Douala. Le propriétaire lui fait découvrir le jazz et notamment Jaco Pastorius. Il décide alors de jouer de la basse.
Il a environ 22 ans. Il n'a jamais touché une basse sérieusement avant ça.
Il décortique la technique et l'harmonie de Jaco Pastorius avec une rapidité stupéfiante, tout en y intégrant sa propre sensibilité mélodique africaine. À 22 ans, il part pour l'Allemagne avant de s'installer à Paris.
À Paris, il joue avec des jazzmen et artistes pop d'envergure comme Didier Lockwood, Manu Dibango, Jacques Higelin ou Salif Keita.
En 1995, il se voit refuser la prolongation de son titre de séjour et est contraint de quitter le territoire français. Mais Harry Belafonte ira le chercher pour le faire jouer dans son orchestre.
C'est New York ensuite. Et c'est là que tout s'accélère.
C'est son déménagement à New York en 1995 qui le propulse sur la scène internationale. Il devient le protégé du grand Joe Zawinul, fondateur de Weather Report, le groupe de Jaco Pastorius, qui voit en lui un talent rare.
Quelle est la leçon principale du parcours de Bona pour un bassiste autodidacte ?
Il y a un truc que la plupart des gens ratent dans cette histoire.
Richard Bona n'a pas appris la basse d'abord. Il a appris la musique d'abord.
Le balafon à 4 ans. Les percussions. Le chant. La guitare. Les clubs de Douala dès l'adolescence. Des années passées à écouter, à imiter, à jouer avec d'autres.
Quand il découvre Jaco et décide de passer à la basse, il n'apprend pas "comment tenir l'instrument". Il transfert des compétences musicales profondes sur un nouvel outil.
Ce n'est pas pareil.
Beaucoup de bassistes font l'inverse. Ils apprennent des techniques de basse. Des patterns. Des lignes. Mais ils n'ont pas construit en dessous. Pas d'oreille travaillée. Pas de compréhension harmonique. Pas d'écoute des autres instruments.
Ils apprennent dans le désordre.
Bona, lui, avait déjà une structure musicale solide quand il a pris la basse en main. La technique est venue vite parce qu'elle avait quelque chose sur quoi se poser.
C'est ça qui explique la vélocité de sa progression. Pas un talent mystérieux. Une fondation.
Pourquoi Richard Bona sonne-t-il différemment des autres bassistes ?
Son jeu de basse est un modèle de fluidité. Il combine une agilité rythmique africaine avec une connaissance harmonique profonde du jazz. Il n'utilise jamais la technique pour la technique. Chaque note, chaque glissando, chaque accord est au service de la mélodie et de l'émotion.
C'est la phrase clé : il n'utilise jamais la technique pour la technique.
La plupart des bassistes qui stagnent font exactement l'inverse. Ils travaillent des techniques sans savoir pourquoi. Ils apprennent des licks sans comprendre dans quel contexte les utiliser. Ils accumulent sans construire.
Bona n'a pas ce problème. Parce qu'il a grandi dans un environnement où la musique servait quelque chose. Une cérémonie. Un groupe. Un groove collectif.
Il cultive ses origines africaines qui sont toujours au cœur de son univers musical. Au-delà des étiquettes conventionnelles, il mêle lignes de basse et vocalises.
Ce n'est pas une posture d'artiste. C'est la conséquence directe de comment il a appris.
Il joue avec intention. Chaque note a une raison d'être.
Qu'est-ce que le parcours de Richard Bona dit sur la structure d'apprentissage ?
Relis l'histoire depuis le début.
4 ans : balafon. 5 ans : scène. Adolescence : clubs de Douala. 22 ans : découverte de Jaco. Quelques années plus tard : musicien de session reconnu à Paris.
Ce chemin est rapide. Pas parce que Bona est un génie tombé du ciel. Parce que chaque étape construisait sur la précédente.
Il n'a pas sauté des cases. Il n'a pas regardé des vidéos en désordre sur YouTube. Il n'a pas appris dix techniques en parallèle sans en maîtriser aucune.
Il a suivi un ordre logique. Celui que lui dictaient les contextes dans lesquels il jouait.
C'est ce qui manque à la plupart des bassistes qui stagnent. Pas le travail. Pas la motivation. L'ordre.
Ils jouent depuis cinq, dix, quinze ans. Mais ils ont appris dans le désordre. Et le désordre ne se corrige pas en travaillant plus. Il se corrige en reconstruisant dans le bon ordre.
Bona ne le sait pas, mais il illustre exactement ça.
Questions fréquentes
Pourquoi Richard Bona est-il considéré comme l'un des meilleurs bassistes du monde ?
Son jeu de basse combine une agilité rythmique africaine avec une connaissance harmonique profonde du jazz, toujours au service de la mélodie et de l'émotion. Il est aussi chanteur, compositeur et multi-instrumentiste. Ce n'est pas sa technique seule qui le distingue : c'est la cohérence de tout ce qu'il exprime.
Quel instrument jouait Richard Bona avant la basse ?
Richard Bona a commencé par le balafon à 4 ans, puis la guitare et l'orgue. Il n'a découvert la basse électrique que vers 22 ans, après avoir entendu Jaco Pastorius pour la première fois à Douala.
Est-ce qu'un bassiste peut atteindre un haut niveau sans avoir commencé jeune ?
Le parcours de Bona répond directement à cette question. Il a commencé la basse adulte. Ce qui comptait, c'était la qualité de ce qu'il avait construit avant. Un apprentissage structuré, dans le bon ordre, compense largement les années perdues à tourner en rond.
Comment progresser à la basse quand on stagne depuis des années ?
La stagnation vient rarement du manque de travail. Elle vient d'un apprentissage construit dans le désordre, sans fil directeur. Avant de travailler plus, il faut identifier ce qui manque dans les fondations et le reconstruire dans un ordre logique.
Quel lien y a-t-il entre Richard Bona et Jaco Pastorius ?
Richard Bona a opté pour la basse après avoir écouté Jaco Pastorius. Plus tard, il a enregistré sur l'album hommage Word of Mouth Revisited en 2003. Sur scène, il joue régulièrement un titre appelé "Tin Town" en hommage direct à Pastorius.
Quelles sont les qualités d'un bon bassiste en groupe selon le modèle de Richard Bona ?
Écoute, intention, groove au service des autres. Bona ne cherche pas à occuper l'espace. Il cherche à tenir le groupe. C'est cette compétence, l'écoute active et la lecture du contexte musical, qui fait défaut à la plupart des autodidactes, et qui s'apprend avec un cadre précis.
Pour aller plus loin
Prêt à reconstruire tes fondations ?
Réserve un diagnostic offert de 15 minutes. On identifie ensemble ce qui te bloque, sans script, sans vente.
→ Réserver mon diagnostic offert


