Routine de basse : l'erreur que presque tous font
Si tu joues de la basse depuis quelques mois ou quelques années, tu as probablement déjà une routine de travail.
Ou du moins… quelque chose qui y ressemble.
Une liste d'exercices. Un enchaînement plus ou moins fixe. Une séance que tu répètes semaine après semaine.
Et pourtant, malgré ta bonne volonté, tu as peut-être ce sentiment désagréable :
- tu travailles régulièrement
- tu passes du temps sur ton instrument
- mais les progrès ne suivent pas vraiment
Ce n'est pas un problème de motivation.
Ce n'est pas non plus un manque de discipline.
👉 Dans 80 % des cas, le problème vient de la manière dont la routine est conçue.
Dans cet article, on va voir :
- les erreurs les plus courantes dans une routine de basse
- pourquoi elles freinent ta progression sans que tu t'en rendes compte
- et surtout comment construire une routine efficace, personnalisée et évolutive
Copier la routine d'un autre bassiste
C'est probablement l'erreur la plus répandue.
Tu vois une routine sur YouTube, Instagram ou dans une formation :
- « routine de Victor Wooten »
- « routine d'un bassiste pro »
- « routine quotidienne idéale »
Tu la copies. Tu l'appliques. Et tu te dis : "si ça marche pour lui, ça marchera pour moi."
Pourquoi ça ne fonctionne presque jamais
Un bassiste avancé ne travaille pas les mêmes choses qu'un bassiste intermédiaire. Et un bassiste intermédiaire ne devrait pas travailler comme un débutant.
Une routine est toujours le reflet de :
- ton niveau technique
- tes lacunes réelles
- ton contexte musical
- ton temps disponible
- tes objectifs actuels
Copier une routine, c'est comme porter les chaussures de quelqu'un d'autre :
- parfois ça passe
- souvent ça fait mal
- et sur le long terme, tu te blesses… musicalement
Ce que tu observes quand tu copies une routine
- tu travailles des exercices que tu ne comprends pas totalement
- tu sautes certaines parties parce que "c'est trop dur"
- tu en fais d'autres machinalement sans réel progrès
- tu perds confiance parce que tu n'atteins pas les résultats espérés
Résultat : tu doutes de toi, alors que le problème n'est pas ton potentiel…
👉 mais l'outil que tu utilises.
Ce manque de personnalisation conduit souvent à une pratique mécanique qui t'empêche d'entendre ton propre son et de développer ton identité musicale.
Faire trop de choses dans une séance
Deuxième erreur classique : vouloir tout travailler à chaque séance.
Technique. Gammes. Arpèges. Groove. Lecture. Oreille. Slap. Improvisation. Relevé.
Sur le papier, ça semble sérieux. Dans la réalité, c'est contre-productif.
Le mythe de la séance parfaite
Beaucoup de bassistes pensent que plus ils font de choses, plus ils progressent. En réalité, c'est souvent l'inverse.
Quand tu surcharges ta séance :
- tu passes trop peu de temps sur chaque compétence
- ton attention se disperse
- ton cerveau n'intègre rien en profondeur
Tu révises beaucoup. Mais tu construis peu.
Ce que fait une surcharge permanente
- tu changes d'exercice avant d'avoir consolidé
- tu restes en surface
- tu confonds activité et progression
Une bonne routine n'est pas une to-do list impressionnante. C'est un système de priorités claires.
Pour créer une routine adaptée à ton emploi du temps, même chargé, découvre comment progresser avec 30 minutes par jour. Une pratique concentrée et bien structurée vaut infiniment plus qu'une session dispersée.
Confondre routine et automatisme
C'est l'erreur la plus sournoise, parce qu'elle donne l'illusion de la régularité.
Tu joues toujours :
- les mêmes exercices
- dans le même ordre
- au même tempo
- avec les mêmes sensations
Tu connais ta routine par cœur. Et justement… c'est ça le problème.
Quand la routine devient un pilote automatique
Une routine efficace doit créer :
- de la conscience
- de l'écoute
- de l'adaptation
Mais quand elle devient automatique :
- ton cerveau décroche
- ton corps répète sans ajuster
- tes erreurs se figent
Tu joues sans intention.
Et ce que tu répètes sans intention… 👉 tu l'ancres.
Cette pratique automatique est exactement ce qui t'empêche d'entendre ton vrai son. Sans intention consciente, impossible de développer un groove personnel et une identité musicale forte.
Le danger des mauvaises habitudes
À la basse, tout est question de micro-détails :
- attaque
- placement
- articulation
- dynamique
- précision rythmique
Si ta routine ne te force plus à écouter, analyser et corriger :
- elle ne t'aide plus
- elle te fige là où tu es
Construire une routine évolutive
La solution n'est pas de jeter la routine à la poubelle. Au contraire.
👉 Il faut repenser ce qu'est une routine.
Une bonne routine de basse, ce n'est pas :
- un planning figé
- une liste d'exercices sacrés
- quelque chose que tu ne modifies jamais
C'est un cadre évolutif.
Les principes d'une routine efficace
Une routine solide repose sur 5 piliers :
- Priorisation
- Tu travailles ce qui a le plus d'impact sur ton jeu actuel.
- Simplicité
- Peu d'exercices, mais bien choisis.
- Intention
- Chaque exercice a un objectif précis.
- Feedback
- Tu écoutes, tu analyses, tu ajustes.
- Évolution
- La routine change quand ton niveau change.
Adapter la routine à TON contexte
Pose-toi ces questions :
- Combien de temps réaliste j'ai par séance ?
- Qu'est-ce qui limite le plus mon jeu aujourd'hui ?
- Où est-ce que je perds le contrôle en situation réelle ?
Ta routine doit répondre à ces questions, pas à celles d'un autre bassiste.
Si tu te dis souvent « je n'ai pas assez de temps », le problème n'est pas la durée mais la gestion. Apprends à reprendre le contrôle de ton temps pour transformer 30 minutes en une session vraiment efficace.
Exemple de structure de routine intelligente
Sans entrer dans une routine "clé en main", voici une logique saine.
1. Activation ciblée (10–15 min)
Objectif : préparer le corps et le cerveau.
- travail lent
- attention sur le son
- précision et contrôle
Pas besoin de 15 exercices. Un seul, bien exploité, suffit.
2. Bloc prioritaire (20–30 min)
C'est le cœur de la séance. Tu travailles UNE compétence clé :
- groove
- placement
- connaissance du manche
- articulation
- relevé
C'est ici que tu progresses vraiment.
Par exemple, tu peux utiliser la méthode des 3 zones pour structurer ton travail du manche : tu divises ton apprentissage en espaces cohérents plutôt que de t'éparpiller sur 20 cases sans repères.
3. Application musicale (10–20 min)
Tu reconnectes le travail à la musique :
- groove réel
- morceau
- backing track
- situation de jeu
Sans cette étape, la routine reste abstraite.
C'est ici que tu dois laisser place à l'exploration libre pour entendre ton propre son, sans dépendre uniquement des tablatures et des tutos.
Résumé
La majorité des bassistes stagnent non pas par manque de travail, mais parce qu'ils utilisent une routine mal adaptée.
Une routine efficace n'est ni copiée, ni figée, ni surchargée. C'est un système vivant, pensé pour TON niveau, TES objectifs, et capable d'évoluer avec toi.
Pour vraiment progresser, structure ta routine en privilégiant la qualité sur la quantité, l'intention sur l'automatisme, et l'adaptation constante sur la répétition aveugle.